Les questions concernant la résolution des tirages font partie des questions qui nous sont régulièrement posées :
- Je souhaite imprimer une image de 5616 pixels sur 3744 pixels en 60 x 90. La qualité sera-t-elle suffisante ?
- Le capteur de mon appareil est un 15 MP. C’est suffisant pour un tirage 30 x 40 ?
Quoi de plus important pour un photographe en effet que de s’assurer que la qualité du tirage sera au rendez-vous ? La question est simple, la réponse un peu moins. Nous allons essayer de faire tomber un certain nombre de mythes et recettes plus ou moins faux.
La résolution, c’est quoi ?
La définition de la résolution est parfois mal comprise. C’est tout simplement le nombre de points par unité de longueur.
Son unité est donc dots/inch ou points/cm.
Exemple :
300 dpi = 300 dots par inch = 300 points par pouce = 300 points dans 2,54 cm
Un peu de technique sur les traceurs haut de gamme
Les traceurs impriment très souvent avec une résolution différente dans le sens de la trame (sens de la tête d’impression) et dans le sens de la chaîne (sens d’avancement du papier).
C’est le cas des traceurs haut de gamme dernière génération que nous utilisons. Ceux-ci impriment à une résolution de 2880 x 1440 dpi à la résolution maximum proposée. Ce sont donc plus de 4 millions (1440 x 2880) de micro-gouttelettes d’encre qui peuvent être imprimées sur une surface de 1 pouce² (6,45 cm²) ! Sur un carré de 1 cm de côté, ce sont donc plus de 640.000 gouttelettes de quelques picolitres qui peuvent être projetées !
Si on ajoute que chacune des quelques milliards de gouttelettes formant un tirage d’art 60 x 90 peut être choisie parmi 11 couleurs différentes, que son volume (et donc sa taille) peut également être ajusté (quelques picolitres) et enfin que ces machines impriment à une vitesse de plus en plus élevée, on imagine sans peine la prouesse accomplie par ces machines.
Faut-il pour autant que les images imprimées soient fournies à la même résolution ? Non. La résolution d’impression est importante pour que les couleurs soient justes, les aplats uniformes, les dégradés linéaires. Il est à noter d’ailleurs, que le tirage digital surpasse de loin le tirage argentique de ce point de vue.
Maintenant, l’image utilisée pour le tirage doit contenir suffisamment d’information pour supporter l’agrandissement du tirage choisi. C’est là que les choses se compliquent un peu.
Oublier les recettes toutes faites !
On trouve sur internet d’innombrables tentatives d’explication de l’agrandissement possible en fonction de la taille (le nombre de pixels) de l’image. Il est généralement admis qu’une résolution de 240 dpi est suffisante pour toutes les impressions et 300 dpi encore mieux.
C’est une règle simple effectivement mais qui a ses limites.
En effet, à 300 dpi, un tirage 60 x 90 est formé de 75 millions de pixels. Combien d’appareils du commerce proposent 75 millions de pixels aujourd’hui ? Aucun. Seul des appareils très spécifiques ou des montages permettraient d’atteindre cette densité.
La vraie question est : à quelle distance ce tirage est-il susceptible d’être regardé ?
Le pouvoir de séparation de l’œil humain
L’œil humain dispose d’un pouvoir de séparation limité. Le pouvoir de séparation, c’est l’angle minimum nécessaire entre l’œil et 2 points pour que ces 2 points soient clairement distingués et non perçus comme un seul. Cet angle est d’environ 0,017° chez l’être humain. La distance minimum entre deux points pour être discernés dépend donc de la distance entre ces points et l’observateur.
Le graphique suivant indique ce pouvoir de séparation de l’œil en fonction de sa distance à l’objet. La courbe bleue donne la distance exprimée en millimètres et la courbe orange la résolution correspondante en points par pouce :

On peut vérifier qu’à 40 cm de distance l’œil humain n’est plus en mesure de distinguer deux points si ceux-ci sont espacés de moins de 0,12 mm soit une résolution de 214 dpi. À 2 m de distance cette valeur tombe à 43 dpi. Les recettes énoncées plus haut sont bien malmenées.
Dans la pratique
Il s’agit ici de valeurs purement physiologiques et théoriques. Il convient donc dans la pratique d’ajuster ces valeurs. En effet, si ce graphique nous indique la résolution nécessaire pour un tirage regardé à une distance donnée, il ne nous indique pas la distance d’observation typique d’un tirage en fonction de sa taille.
Pour cela, nous avons développé une formule de calcul d’approximation. Son explication serait trop longue et fera peut-être l’objet d’un futur article mais elle nous permet de calculer la résolution recommandée et la résolution minimale conseillée pour une taille de tirage donnée.
Le tableau pour des formats de tirage courants est affiché ci-dessous.
| Format | Résolution minimum préconisée | Résolution recommandée |
|---|---|---|
| 10 x 15 | 165 | 240 |
| 15 x 22 | 135 | 210 |
| 20 x 30 | 117 | 192 |
| 30 x 45 | 95 | 170 |
| 40 x 60 | 82 | 157 |
| 50 x 75 | 74 | 149 |
| 60 x 90 | 67 | 142 |
Conclusion
Comme on le voit, les questionnements relatifs à la résolution d’un tirage (ou d’une impression) sont parfaitement légitimes et certainement plus compliqués à répondre que certains voudraient le croire.
Les indications fournies dans cet article remettent en cause bien des idées reçues. En particulier, on s’aperçoit que le tirage grand format n’est pas l’apanage des chanceux propriétaires d’appareils haut de gamme. Tout dépend de l’utilisation qui sera faite du tirage. Bien entendu, plus la résolution disponible est importante mieux c’est.
Notre logiciel en ligne vous indique en temps réel la résolution de votre tirage et vous averti automatiquement si un problème potentiel est détecté. Ceci n’est qu’une estimation basée sur les calculs plus haut. Tout dépend également de l’image, de l’utilisation, etc. Un bon tireur se fera un point d’honneur à vérifier tout ceci pour vous.
Cela vous permet de vous concentrer pleinement sur ce que vous savez faire : des photos !

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