Vacances en Bretagne, petit appareil compact, photos souvenirs : Patrice Mestari a commencé la photo comme la pratique la majorité des photographes amateurs. Mais ensuite, il a approfondi le sujet, s’est formé, a regardé, réfléchi, essayé et surtout, photographié, encore et toujours photographié, jusqu’à trouver ce style qui fait de lui aujourd’hui, un des auteurs-photographes qui comptent pour la photo de nature et de paysage.

 

Patrice Mestari - PortaitTiragesPro :
Patrice Mestari, vous faites maintenant partie des gens que l’on remarque parmi les photographes de nature. Comment avez-vous commencé la photo ? Avez-vous suivi des cours, une école, une formation ? Est-ce une histoire de famille ?

Patrice Mestari :
Mes premiers souvenirs liés à la photo sont ceux des soirées diapos, en famille, autour des souvenirs de vacances. Mon père faisait quelques photos, mais il a ensuite abandonné et je n’ai pas utilisé son matériel.

J’ai abordé la photo assez tard et n’ai pas pratiqué l’argentique, mon premier appareil a été un petit compact numérique. Une année, je suis allé en vacances en Bretagne, dans le parc du Thabor, près de Rennes. Je faisais du camping avec ma femme et lorsque je suis rentré sur Lyon, j’ai eu de très bons retours sur mes photos. Ça m’a encouragé à continuer, c’est comme ça que tout a commencé.

Ensuite j’ai passé de plus en plus de temps avec un appareil à la main et petit à petit, photographier est devenu pour moi indispensable.

J’ai également rencontré d’autres photographes qui sont vite devenus des amis et nous avons progressé ensemble. À plusieurs, il y a rapidement de l’émulation, un peu de compétition et on cherche toujours à faire mieux, on profite des trucs et des conseils des autres, c’est comme ça que j’ai rapidement progressé.

Patrice Mestari - In Situ
© Nicolas Orillard-Demaire

TiragesPro :
Vous êtes donc autodidacte. Avez-vous bénéficié de conseils, de formation ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Patrice Mestari :
Oui, je me suis formé tout seul, l’école, en général, ça n’a jamais été vraiment ma tasse de thé. Pour la photo, j’ai clairement privilégié la pratique, l’entrainement. En prenant des photos, encore des photos. En multipliant les sorties, les échanges et en observant.

Grâce à Internet, on peut voir des photos en très grand nombre, accéder aux sites des photographes, affiner son regard, s’inspirer. J’aime beaucoup Laurent Baheux et Vincent Munier que j’apprécie particulièrement, tant comme personne dans sa démarche que comme photographe.

Il y a aussi des sites communautaires qui permettent de recevoir des critiques sur son travail, d’échanger autour de la photo comme Planète Powershot. Mais évidemment, le plus important est de pratiquer, de photographier, d’essayer, de réfléchir, d’entrainer son regard, son œil. Avec ou sans boitier dans les mains.

TiragesPro :
Êtes-vous toujours amateur ou votre statut a-t-il évolué ?

Patrice Mestari :

Il y quatre ans, j’ai pris le statut d’auto-entrepreneur, obligatoire pour vendre des photos. J’ai obtenu mon numéro de SIRET un 1er avril… Depuis un an, j’essaie de faire de la photo mon activité principale, mais c’est encore difficile de payer toutes les factures.

En tout cas, j’ai engagé la démarche et c’est ce vers quoi je me dirige. Mais il faut du temps pour se faire connaître, pour se faire une clientèle, pour vendre suffisamment d’images. La concurrence est rude, il y a les banques d’images sur Internet, les concours, … Les gens ne sont pas prêts à payer le vrai prix d’une photo. Mais je persévère, mes comptes évoluent dans le bon sens.

TiragesPro :
Comment vous préparez-vous avant de prendre des photos ? Vous donnez un aperçu de votre méthode de travail dans le numéro 31, Novembre-décembre 2012 de « Compétence photo ». À la lecture de cet article, on voit que vous ne laissez que peu de place au hasard !

Patrice Mestari :
En effet, pour être efficace sur le terrain et ne pas rater la bonne occasion, je prépare soigneusement mes sorties. Les bonnes photos ne s’improvisent pas. Grâce à Internet, on dispose maintenant de beaucoup d’outils très précieux.

Patrice Mestari - Lac du Der, Montier-en-Der
Lac du Der, Montier-en-Der © Patrice Mestari

Tout d’abord, les prévisions météo. Elles sont très importante, c’est le temps qui déterminera l’ambiance des photos : brume, ciel chargé, neige, éclaircie… Les sites proposent les données de base, il me reste ensuite à les interpréter en fonction de ce que je sais et de ce que je souhaite comme résultat.

Ensuite, il y a la topologie, le dénivelé, l’orientation des versants en fonction de l’heure de la journée, les cours d’eau. Tout ça, je le trouve sur les cartes IGN ou sur Geoportail. Ensuite je n’hésite pas à aller sur Google Earth ou Google Maps pour avoir des photos, des détails sur la végétation, les constructions, la configuration du terrain et ce qui pourrait me donner un premier plan.

Patrice Mestari - Lac Lerié
Lac Lerié, Plateau d’Emparis
© Patrice Mestari

Et bien sûr, rien ne remplace la connaissance du secteur, tel tronc d’arbre mort, tapis de petites fleurs ou caillou remarquable sont des atouts pour la composition des images.

TiragesPro :
Et du point de vue matériel, comment préparez-vous vos sorties ?

Patrice Mestari :
En hiver, en montagne, en bivouac, bien s’équiper est primordial. J’ai donc investi dans des vêtements qui respirent, chauds et étanches. Car on ne fait pas de bonnes photos quand on ne sent plus ses doigts à cause du froid et qu’on n’a pas dormi à cause de l’humidité. C’est aussi une question de sécurité.

Ensuite, pour me déplacer l’hiver, j’utilise des raquettes. Je pratique le surf, mais ce n’est pas simple de rajouter les raquettes pour la descente et le surf pour la montée sur un sac à dos qui pèse en moyenne 25 kg avec ce qu’il faut pour vivre 3 ou 4 jours et le matériel photo… Pas facile de courir avec tout ça sur le dos, à moins d’y être forcé, par exemple d’être coursé par un troupeau de vaches, comme ça m’est arrivé dans les Pyrénées il y a quelques années !

Cet hiver, je me suis initié au ski de randonnée à Courchevel, une station avec qui je travaille régulièrement. C’est plus pratique que le surf, mais je ne suis pas encore un expert, et il vaut mieux éviter de chuter avec tout ça sur le dos, sans oublier les risques de casse !

Patrice Mestari - Fabien Dal Vecchio, Vanoise
Fabien Dal Vecchio, Vanoise © Patrice Mestari

Pour ce qui est du matériel photo, ce n’est pas simple non plus. Le froid, la neige, l’humidité, les écarts de températures quand on est dans un refuge ne sont pas des conditions idéales. Bien sûr, j’en prends le plus grand soin, mais alors que je l’ai depuis moins d’un an, mon boitier a des taches de rouille sur la griffe du flash. Pourtant, je ne laisse jamais mon sac ouvert, je ne rentre pas mon matériel dans le refuge pour éviter la buée due aux écarts de températures, mais il faut aussi dire que je ne travaille pas toujours dans les conditions standard…

TiragesPro :
Justement, au sujet du matériel, comment êtes-vous équipé ?

Patrice Mestari :
Depuis le début, j’utilise du matériel Canon, l’ergonomie des boitiers me convient très bien et les objectifs sont de bonne qualité. En ce moment, j’ai un Boitier 5D Mark 3.

Pour les objectifs, j’aime voyager léger. Mon grand angle pour les paysages est le 17-40 et pour ce qui est plus éloigné, le 100-400, pour les animaux qui sont loin, comme les bouquetins qui se découpent sur une crête au petit matin ou à la tombée du jour. Ensuite, pour couvrir des reportages ou des évènement, le 24-70 et enfin, j’ai un 50 fixe qui ouvre à 1.4 pour le portrait, mais c’est celui que j’utilise le moins.

Pour le grand angle, je pense investir dans un 16-35, pour remplacer le 17-40, voire un 17 fixe, j’y réfléchis encore. Ensuite, si un jour je rencontre le père Noël, je lui demanderai le 200-400 de chez Canon…

TiragesPro :
Avec ce matériel, vous semblez nettement orienté photo « nature ». Ce sont vos sujets de prédilection ?

Patrice Mestari :
En effet, j’aime particulièrement faire ce genre d’images. Mais je prends la nature au sens large. J’ai débuté il y a environ dix ans, en restant longtemps dans la photo animalière. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, je m’oriente plus vers le paysage, mais pas question pour autant de laisser passer un bouquetin, un cerf ou un aigle sans appuyer sur le déclencheur ! Pour traquer les marmottes et les chamois, il faut être très, très patient, et ma patience à moi a des limites. Je ne pratique que rarement l’affut par exemple, je préfère largement la billebaude.

Un temps, je me suis également essayé à la macro, mais j’ai finalement laissé la place à la photo de paysage et revendu mon objectif. Je préfère de loin me balader.

Et puis il y a aussi un problème de temps, j’en manque pour me diversifier sérieusement sans me disperser. C’est aussi une question de goût. La pratique du studio par exemple apporte surement beaucoup du point de vue de la maitrise de la lumière… Mais ça ne m’attire pas particulièrement. C’est comme le portrait, j’en ai fait un moment, mais pas très longtemps. J’y reviens de temps en temps, mais il faut que ça se passe dans des coins sympas !

TiragesPro :
En parlant de « coins », quels sont vos endroits préférés ?

Patrice Mestari :
J’aime beaucoup l’Écosse. Comme dit le dicton : « si le temps ne vous convient pas, il suffit d’attendre cinq minutes ». Ce dicton est employé en Islande mais il marche très bien pour l’Écosse.

Là-bas, je retrouve les ambiances chargées comme je les aime et les lumières que je préfère. Il y a aussi l’Islande à mettre dans ma « liste-des-coins-que-j’aime ». On y rencontre le même temps qu’en Écosse, mais en pire. L’Irlande propose aussi des beaux éclairages, tout comme la Norvège. L’ambiance des pays froids me parle plus, je trouve ça plus intéressant, les lumières sont plus douces.

Patrice Mestari - Old Man of Storr, Écosse
Old Man of Storr, Écosse © Patrice Mestari

Lors de mon voyage au Costa-Rica, il y avait trop de soleil, les lumières étaient dures, sur le plan photographies de paysages ce n’était pas extraordinaire. Je crois que je préfère résolument les pays froids. La plage, le soleil et les cocotiers, c’est bon pour les cartes postales, pour les vacances mais pas pour les photos. Je fuis le ciel bleu.

S’il fallait que je fasse la liste de mes envies, j’y mettrais la Norvège, l’Argentine, le Chili, le Japon, et surtout l’Islande où je compte me rendre prochainement.

TiragesPro :
Sur votre site, on peut voir aussi bien des images de mer que des photos de montagne. Quelles sont, du point de vue du photographe, les différences entre les deux milieux ?

Patrice Mestari :
Dans les deux cas, c’est toujours la douche ! De ce côté-là, pas de différence, ce sont tous deux des milieux extrêmes. L’équipement du photographe change du point de vue de l’habillement, mais les techniques sont similaires : il s’agit d’utiliser au mieux le matériel tout en le protégeant au maximum de l’humidité.

Je connais mieux la montagne. Les différences résident essentiellement dans la lumière qui ne tombe pas de la même façon, qui se reflète dans l’eau par exemple.

Patrice Mestari - Courchevel
Courchevel © Patrice Mestari

Les ambiances de mer, de montagne, de campagne sauvage me conviennent parfaitement. On retrouve tout ça rassemblé à Ouessant, c’est une île que j’aimerais beaucoup visiter. Sauvage et belle.

On a un peu la même chose en Écosse sur l’île de Skye, en une journée, on peut faire cent photos différentes, quasiment au même endroit. J’apprécie également la Vanoise pour ses animaux, ses nombreuses facettes toutes très différentes et le Vercors que je connais bien, dont la brume est magnifique, mais qui se mérite, avec des bivouacs compliqués, très humides et d’où je rentre bien souvent complètement trempé.

La ville, au contraire ne m’attire pas beaucoup. En se baladant, on peut faire des images intéressantes, mais ce n’est pas ce qui me plait le plus. Je n’aime pas la foule, il me reste donc les photos de nuit.

TiragesPro :
Après tout ce travail de prise de vue sur le terrain, passez-vous beaucoup de temps devant l’ordinateur pour le développement ?

Patrice Mestari :
Bien évidemment, je préfère être sur le terrain que devant mon écran. Mais avec le numérique c’est une étape obligée, alors autant s’en servir. En général, je travaille par petites touches, en utilisant un peu toutes les possibilités, exposition, contraste, couleur, balance des blancs, … mais pas de recadrage.

Je commence par dégrossir le travail sur Lightroom, avant d’approfondir si nécessaire sur Photoshop. Mais pour environ 80% des photos, je ne passe pas plus de 5 à 15 minutes par image, surtout lorsque j’ai des séries : une fois les réglages établis pour une photo, j’applique les mêmes aux autres images de la série et je peaufine.

Récemment, je me suis essayé au montage, en rajoutant un cerf dans un paysage d’Ecosse : j’en avait vu tellement dans ces parages, que la photo aurait vraiment pu exister. C’est d’ailleurs un de mes objectifs lorsque je fais des retouches : que ça reste plausible, proche de ce que perçoit un œil humain.

Patrice Mestari - Écosse
Écosse © Patrice Mestari

Dans ma façon de concevoir la photo, tout est fait au moment de la prise de vue et avant : je prends mon temps grâce au trépied. Ça me permet ensuite de soigner la composition, la lumière, de restituer les ambiances… Une photo ratée, même retouchée… Mieux vaut travailler avant plutôt qu’après le « clic » !

TiragesPro :
Qu’est-ce-qui fait pour vous une bonne photo ?

Patrice Mestari :
Une bonne photo doit dégager quelque chose, faire naître des sentiments, des émotions. En la regardant, les gens doivent pouvoir s’imaginer des choses, s’évader. Elle doit raconter une histoire. Même si l’endroit n’est pas spécialement beau, l’image doit montrer ses côtés remarquables, on doit pouvoir sentir une ambiance, elle doit donner la possibilité à chacun faire jouer son imaginaire.

TiragesPro :
Si vous aviez à donner un conseil à ceux qui veulent faire de telles photos dans la nature ?

Patrice Mestari :
Laisser les pantoufles au placard et s’acheter un réveil ! Il faut d’abord savoir se lever très tôt et se coucher très tard, ne plus penser aux grasses matinées, accepter de se déplacer à la frontale, de bivouaquer, même dans des conditions pas toujours confortables : froid, humidité… Le ciel bleu, je laisse ça aux cartes postales, pour moi les belles lumières, on les trouve très tôt ou très tard, mais pas à midi. Faire des photos, c’est capturer la lumière, alors, autant le faire quand elle est belle !

Pour avoir une chance de saisir le bon moment, il faut bien se préparer, connaître le terrain, observer. Et être dehors le plus souvent possible. Même si parfois, la nature vous joue des tours, comme ça m’est arrivé fin mai avec un ami. Pour être à pied d’œuvre le lendemain matin, nous sommes montés vers 2300m, au bord d’un petit lac. Il faisait déjà noir quand nous sommes arrivés, et la température était plutôt basse. Soirée sympa quand même, feu, barbecue et nous avons finalement planté la tente au bord du lac, alors que mon pote aurait voulu rester plus haut près du parking. Mauvais choix : au milieu de la nuit on a commencé à se sentir humide, il faisait très froid et vers 3 heures du matin, quand on a ouvert la tente, l’eau est rentrée, à inondé nos duvets et toutes nos affaires, le niveau du lac continuait à monter, il y avait de la glace qui flottait… On a tout remballé en catastrophe pour passer une nuit catastrophique, trempés et congelés dans la voiture. Quand le jour s’est levé, nous avons enfin vu le panneau : c’était un lac EDF dont le niveau pouvait brusquement varier puisqu’il servait de déversoir à un autre lac situé plus haut…

TiragesPro :
Malgré cette mésaventure, vous avez persévéré et depuis deux ans, vous avez même beaucoup progressé. Qu’est ce qui vous a permis de vous perfectionner ?

Patrice Mestari :
Cette évolution est due pour une part à une évolution dans mon matériel. Mais surtout, j’investi quasiment tout mon temps dans la photo : sorties tous les week-ends, formations, je regarde beaucoup de vidéos sur les techniques de prise de vue, la retouche, je multiplie les sorties photo, je visionne beaucoup d’images. Ça permet de s’inspirer, sans pour autant copier. L’important, c’est la motivation, et je m’investis presque complètement dans la photo.

TiragesPro :
Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Patrice Mestari :
Du 23 au 25 août, je participe aux Rencontres Photo Nature de Gueugnon. C’est un petit festival mais avec des images de grande qualité. Le collectif Horizons Naturels avec Benjamin Barthelemy y est invité d’honneur par exemple !

Du 20 au 22 septembre, j’expose à Baar pour le 4eme salon de la photographie de nature. Beaucoup d’amis exposent comme Fabien Dal Vecchio de Visunature, Nicolas Orillard-Demaire, Mickael Giraud-Telme, etc. avec qui je pars régulièrement en raid.

Par ailleurs, je prépare quelque chose avec la station de Courchevel, pour qui je travaille souvent.

J’aimerai pouvoir proposer des livres, mais il me faudrait des fonds et la recherche de sponsors me prend beaucoup de temps.

Ce ne sont pas les idées, ni les projets qui manquent. Je voudrais voyager : Écosse, Irlande, Mongolie, Chine, … Également proposer une exposition sur l’homme et la nature, …

Patrice Mestari - Couverture Compétence Photo

Continuer à me faire de beaux souvenirs, comme ce voyage en Écosse exceptionnel avec mon ami Nicolas ou encore ce week-end avec trois autres photographes qui se reconnaitront, un bivouac dans la nature, magique. Ou cette sortie à Courchevel avec un ami, nous avons eu le refuge pour nous tout seul et tout était parfait : ambiance, météo, tout.

TiragesPro :
Merci beaucoup Patrice Mestari pour le temps que vous nous avez accordé, et nous comptons sur vous pour continuer à nous faire partager votre passion pour la photo.

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p style= »text-align: justify; »>Les lecteurs désireux de prolonger cette rencontre peuvent vous retrouver sur votre site patricemestari.com et suivre votre page facebook patrice.mestari.photographies. Les amateurs de technique et de belles images pourront bénéficier de vos conseils dans le numéro 31 compétence Photo.

3 commentaires

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